Article

OTRA : Utiliser les bons matériaux, aux bons endroits – c’est ça le plus important

Exemple de projet réalisé par l’entreprise

Depuis 2018, l’entreprise OTRA développe une approche radicalement différente de la rénovation : des matériaux naturels, biosourcés, et une attention constante à la cohérence du bâti. À la tête du projet, deux frères issus du secteur traditionnel de la construction. Rencontre avec Laurent, cofondateur, pour qui l’éco-construction n’est ni une mode ni un luxe, mais une orientation nécessaire.

Une vision assumée

Après plus de vingt ans de pratique dans la construction, Laurent et son frère ont décidé de réorienter leur savoir-faire. Avec OTRA, ils tournent le dos aux solutions conventionnelles pour se concentrer sur la rénovation durable. Une condition : que chaque matériau utilisé ait du sens.

« Ce qui ne correspond pas à cette logique, on le laisse à d’autres », résume Laurent.

L’entreprise s’appuie sur une équipe de 4 à 5 personnes au bureau, et une douzaine sur chantier, avec la capacité de monter jusqu’à 40 collaborateurs selon les projets. Les chefs d’équipe, formés en interne, assurent une qualité d’exécution et une souplesse qui permettent à OTRA d’intervenir sur des chantiers très diversifiés.

Exemple concret : la rénovation Van Volxem

Projet avant rénovation

À Bruxelles, OTRA a récemment mené un chantier dans le cadre du programme Renolab B. L’objectif : transformer un ancien atelier de forgeron en une habitation saine et confortable, tout en préservant les éléments d’origine que le client souhaitait conserver.

Nous avons accompagné le maître d’ouvrage et l’architecte dans l’adoption de techniques biosourcées et de solutions de nouvelle génération. L’isolation en fibre de bois, les murs en chanvre sous différentes formes (flex, blocs, vrac et enduit), ainsi que les enduits à la chaux ou à l’argile ont été intégrés pour assurer à la fois la continuité thermique et l’étanchéité à l’air du bâtiment.

OTRA est allée jusqu’à modifier la géométrie des murs en arrondissant certains angles, une solution qui s’est révélée efficace pour corriger les faiblesses identifiées liées à  l’étanchéité à l’air .

Patrimoine et matériaux compatibles

Cette exigence technique ne s’applique pas qu’à l’habitat individuel. À Liège, OTRA est intervenue sur une église classée nécessitant un enduit spécifique. Grâce à leur expérience, l’équipe a pu proposer une solution compatible avec la structure d’origine.

Ces projets patrimoniaux demandent rigueur, mais aussi humilité : il ne s’agit pas seulement de rénover, mais de prolonger intelligemment ce qui a été bien construit il y a des décennies, voire des siècles.

Confort et santé : les apports concrets du biosourcé

Au-delà des aspects techniques, c’est le confort qui guide les choix d’OTRA. Dans les bâtiments isolés avec des matériaux naturels, les sensations sont différentes : l’ambiance est plus stable, la température plus homogène, l’humidité mieux régulée.

Ce confort vient des propriétés spécifiques des matériaux : leur capacité à absorber l’humidité en excès et à la restituer lorsque l’air devient trop sec. En hiver, une température de 18 °C suffit à créer une sensation de chaleur. En été, la fraîcheur reste perceptible sans climatisation.

« Le but quand on rénove, c’est pas de rénover pour 10 ans, c’est de rénover pour toute une vie », ajoute Laurent.

Dans leurs propres bureaux, isolés en chaux-chanvre, l’effet est immédiat : pas de parois froides, pas de condensation, pas de chaleur étouffante.

Un surcoût maîtrisé pour un bénéfice durable

Les matériaux biosourcés peuvent représenter un surcoût initial, notamment du fait de la main-d’œuvre plus qualifiée nécessaire à leur mise en œuvre. Mais ce surcoût est compensé par leur qualité, leur durabilité et le confort qu’ils apportent.

« C’est toujours une question qu’on nous pose au niveau du prix. Souvent je dis : on ne compare pas des pommes et des poires », sourit Laurent.

Pour lui, la comparaison ne se fait pas uniquement sur le coût au mètre carré, mais sur l’ensemble des bénéfices à long terme. Les matériaux biosourcés régulent l’humidité, améliorent le confort, durent, et exigent une mise en œuvre plus rigoureuse.

« Il faut comparer qualité avec qualité », insiste-t-il.

Laurent cite en exemple des produits locaux comme le Gramitherm, un isolant à base d’herbe fabriqué en Belgique, dont le prix est comparable à certains isolants flex classiques — avec en prime une régulation hygrométrique active et une faible empreinte environnementale. Il salue à ce titre les actions de structures comme Embuild ou les programmes d’accompagnement spécifiques, qui facilitent cette transition.

Lien vers le site d’OTRA : https://www.otra.be/general-7