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Et si votre chantier faisait partie de la solution biodiversité ?

Sans biodiversité, pas de sols vivants, pas d’eau propre, pas de matériaux, pas d’avenir pour le secteur de la construction. Depuis 1970, la faune sauvage a pourtant chuté de 73 % et un million d’espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction (source : IPBES, WWF, 2020). Chaque chantier, en touchant un sol, une haie ou un cours d’eau, pèse sur cet équilibre… ou peut au contraire le préserver. La question n’est donc pas si votre entreprise a un rôle à jouer, mais lequel.

Utilisation des sols, protection de la faune et de la flore existantes, gestion de l’eau, pollutions, nuisances sonores et lumineuses, propagation d’espèces invasives : les chantiers activent presque tous les leviers de la biodiversité locale, faite d’équilibres propres à chaque territoire. Un enjeu que la réglementation prend elle aussi de plus en plus au sérieux : la biodiversité devient un pilier du DNSH (Do No Significant Harm) et de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), et le règlement européen sur la restauration de la nature impose une absence de perte nette d’habitats d’ici 2030, avec des exigences renforcées pour les zones urbaines par la suite (davantage de canopée et d’espaces verts).

La checklist qui s’adapte à votre chantier

Encore faut-il savoir par où commencer. Embuild.Brussels a réuni des entreprises de construction au sein d’un groupe de travail dédié à la protection de la biodiversité sur chantier, coanimé par Ecores et Beeodiversity. Trois ateliers ont permis d’identifier les besoins réels du secteur : un manque de méthodologie claire, même chez les équipes de bonne volonté, et la difficulté à distinguer ce qui est prioritaire selon le chantier.

De ces échanges est née une checklist biodiversité, développée par Beeodiversity. Plutôt qu’une liste unique et rigide, elle offre un véritable éventail d’actions possibles selon les caractéristiques propres à chaque chantier (présence d’arbres, proximité d’un cours d’eau, espèces invasives sur site…) : protection des arbres existants, gestion de l’eau et prévention des pollutions, maîtrise des espèces invasives, préservation du sol vivant. Chaque action est reliée à son type d’impact (faune, flore, eau, sol, nuisances) et à des guides de référence pour aller plus loin. À charge pour chaque entreprise de piocher les actions qui correspondent à sa réalité de terrain.

Avant toute chose, un chantier doit vérifier quatre éléments prioritaires pour savoir où porter son attention :

  1. la proximité d’une zone sensible (Natura 2000, CDDA…)
  2. la présence d’espèces protégées
  3. la présence d’espèces invasives
  4. la présence d’habitats sensibles

En fonction des réponses, il devient possible d’aller piocher, dans la checklist, les actions les plus pertinentes pour le chantier.